l'histoire du Village de Saint Jean du Gard
C'est au douzième siècle que l'histoire du village commence réellement.
Installés au pied de la corniche des Cévennes, des moines bénédictins bâtissent dans un premier temps, un prieuré et une église.
Rapidement les premières maisons vont pousser tout autour. San Johannis de Gardonnea est né.
Les habitants du village vont tout d'abord travailler la terre et planter des châtaigniers. La population va rapidement croître dans ce site magnifique, aux paysages somptueux et au climat
exceptionnel.
Au treizième siècle, l'artisanat et le commerce battent leur plein. Commerçants et artisans prospèrent et s'adonnent aux joies du mercantilisme, vendant leurs produits tout au long de la Grand
Rue.
C'est vers 1530 que la population saint-jeannaise se convertit au calvinisme, poussée par les idées de la réforme
protestante.
Ils vont se livrer à la guerre des Camisards opposant les protestants aux armées du Roi.
Dès 1683, la résistance protestante, née de la destruction du temple s'installe, rapidement enrayée par les troupes royales qui arrivent de Saint Hyppolite du Fort. Les catholiques prennent alors
le contrôle du village.
En 1685, l'Edit de Nantes contraint ceux qui refusent de se convertir au catholicisme à fuir vers les mas isolés ou plus loin dans les vallées. Parallèlement, les premières assemblées
clandestines s'organisent.
La grotte de Rouville qui servait de cache aux résistants est murée.
Une seule personne continue la lutte armée : Abraham Mazel.
C'est lui qui déclenche la guerre des Camisards en 1702. Il est capturé une première fois après avoir brûlé l'église de Saint-Martin de Corgnac. Après s'être échappé de la tour de Constance à
Aigues-Mortes, il tente une dernière fois un soulèvement dans le Vivarais et les Cévennes. Il est tué au mas de Couteau près d'Alès.
Le Roi fait élever, dès 1703, des fortifications pour empêcher les Camisards de communiquer avec la population. On peut voir, aujourd'hui encore, l'ancien tronçon de la rue des Paillons qui était
bordée d'une fortification sur la place Rabaut-Saint-Etienne, face à la rue Combe Dase.
C'est durant l'automne 1878, que Robert Louis Stevenson et son âne Modestine traversent le village.
Saint Jean du Gard est l'un des arrêts de son périple cévenol, décrit dans son ouvrage intitulé " Voyage avec un âne dans les Cévennes ".
Saint Jean du Gard va ensuite connaître une période de prospérité. Le Bombyx et le Mûrier sont élevés pour la soie qu'ils produisent. Cette industrie de la soie fera du village, un endroit
commerçant et privilégié. De cette richesse naîtra la ligne de chemin de fer reliant Alès à Saint Jean.
En 1965, la dernière filature ferme, coïncidant avec la fin de cette période faste.
Le village vit maintenant en grande partie du tourisme développé autour des promenades, de la baignade dans les eaux du Gardon, de l'exploitation du Train à Vapeur des Cévennes et de beaucoup
d'autres activités encore...
LA VISITE GUIDEE
La Tour de l'Horloge (I.M.H), ancien clocher roman du XIIIe est tout ce qui reste de l'église conventuelle construite par les bénédictins au XIIe et détruite avec le cloître et les bâtiments monacaux par les protestants entre 1560 et 1562 en représailles aux exactions et pillages des troupes royales venues en Cévennes pour rétablir l'ordre et la religion catholique en extirpant l'hérésie. La Place du Marché, au pied de la tour est l'ancien cimetière qui jouxtait l'église.
A droite de la tour sur la façade de l'Eglise Libre se trouve une plaque à la mémoire du saint-jeannais Ruben Saillens. Ce grand prédicateur du Réveil est l'auteur de nombreux cantiques protestants et en particulier de la Cévenole, hymne consacré aux martyrs huguenots, véritable chant d'identité de la communauté cévenole.
Le pignon de cette chapelle fait apparaître une Bible ouverte typique des édifices protestants. Les "Eglises libres"
sont nées en 1848. Elles n'acceptaient pas le concordat et refusaient la tutelle de l'Etat.
Derrière la Tour de l'Horloge, dans le plus ancien quartier de la ville, à l'angle de la rue Pasteur et de la rue Traversière se trouve une maison où logeait le vicaire et où se réunissait la communauté catholique pour célébrer la messe après la démolition de l'église et avant qu'une nouvelle ne soit construite, entre 1560 et 1685.
Sur le linteau de la porte sise rue Traversière, on remarque une croix et une date: 1567 rappelant la fonction d'édifice
religieux de cette maison. Au cours de sa visite pastorale en 1663, l'évêque de Nîmes, Mgr Cohon écrit: " ledit lieu est fameux dans les Cévennes pour sa richesse, son étendue et sa beauté, la
composition du bourg étant de cinq cents maisons qui font trois mille personnes ou environ, toutes de la religion prétendue réformée... Pour le nombre des catholiques, il est si faible et si
petit, qu'il n'y a que dix-sept familles, toutes incommodées et dans l'extrême pauvreté. L'église ancienne, autrefois magnifique, est toute démolie, à la réserve du clocher... Le service divin se
fait dans un lieu bas et indécent, au dessus duquel est logé le vicaire..."
Dans ce quartier les noms de rue: Pasteur, de l'Industrie et Olivier de Serres rappellent l'importance qu'a eue la soie dans l'économie saint-jeannaise. La Maison Rouge construite en 1838 est la plus grande des nombreuses filatures de St Jean du Gard. C'est aussi sans doute celle qui fut la plus aboutie d'un point de vue architectural et ornemental. On remarquera l'escalier monumental à double révolution et les clefs sculptées des archivoltes moulurées du niveau supérieur. Les grandes baies sont caractéristiques des filatures où un éclairage maximal s'imposait. Cette construction très soignée, finement décorée, symbolise bien la richesse que l'on attribue à la civilisation de la soie dite de "l'arbre d'or".
De 1957 à 1964 cette filature, équipée de matériel japonais, fut la dernière à fonctionner en France.
Après le quartier des Bourgades derrière la Tour de l'Horloge, c'est le long du "grand chemin public d'Anduze au
Gévaudan" que la construction du village s'est organisée. De nombreuses maisons de la Grand' Rue ont conservé leurs belles portes anciennes (des XVIIe et XVIIIe siècles), munies de leurs marteaux
et entrées de serrures aux formes variées. On remarquera la maison n° 60 où mourut en 1810 le Général d'Empire Elie Lafont.
Faisant angle de la Grand'Rue et de la rue Olivier de Serres, voici la maison où naquit Jean de Saint Bonnet qui fut
baptisé le 4 mars 1585 et qui devint le célèbre Maréchal de Thoiras. Cette maison a conservé ses fenêtres à meneaux.
Cette maison est un ancien relais d'affenage du XVIIe, l'auberge des "Trois Rois". Le musée occupe le rez-de-chaussée et en particulier ce qui était les écuries et remises des voitures, le tout construit en voûtes d'arêtes autour d'une cour intérieure.
Le musée proprement dit, d'arts et traditions populaires, est le témoin de la vie quotidienne de la Cévenne
traditionnelle. Sur trame historique, les documents, photos, outils, objets domestiques, meubles,... racontent la vie rurale et artisanale. Parmi toutes les activités agricoles et villageoises
évoquées ici, une place de choix est réservée au châtaignier et à la soie qui assurèrent l'existence de tant de générations de Cévenols.
Derrière la belle porte du 98 s'ouvre un couloir donnant accès à une superbe cage d'escalier du XVIIe. Cet escalier monumental éclairé par un puits de lumière, muni d'arcs rampants et de balustres de stuc, donne accès à la poste et à l'office du tourisme, place Rabaut St Etienne. Sur cette place, à l'angle du parking et face à l'intersection de la ruelle de Combedase et de l'entrée réservée aux PTT, on peut voir un des derniers tronçons de la rue "des Paillons" qui fut créé en 1704 par la construction d'un mur haut de 10 pans qui devait isoler complètement les maisons de St Jean des terrains les jouxtant. En effet, chaque maison possédait, sur sa façade arrière, des portes et fenêtres qui permettaient de ravitailler les camisards après le couvre-feu et bien que toutes les portes de la ville fussent fermées.
Au n° 106 de la Grand'Rue, voici la maison des comtes Pelet de la Lozère, au 108 celle de Jacques-Josué Cardonnet, avocat, maire de St Jean de 1789 à 1791 et Président du district du Gard en cette même année. Destitué, puis arrêté sous la terreur il fut exécuté à Nîmes le 15 germinal 1794.
On pourra remonter la Grand'Rue et admirer les vieilles portes jusqu'au n° 196, achevé à la fin du XVIII siècle par la famille Berthézène. L'un d'eux , Jean-Louis, fut maire de St Jean. Destitué en 1793, accusé de fédéralisme, il fut exécuté à Nîmes le 5 thermidor 1794. Son frère Jean-Pierre fut député du Gard à la Convention. Il fut membre du Conseil des Cinq-Cents puis du Corps Législatif.
En redescendant la Grand'Rue on prendra la rue de Brion pour aller à la place Carnot ou place d'Armes. Ce nom lui fut
donné après l'occupation de St Jean par les Autrichiens en 1815.
Sur cette place se trouve le temple. Il fut construit sur les plans d'un architecte d'Alès, M. Renoux, avec une façade néoclassique et sur un terrain acquis à cet effet en 1820.
L'édifice terminé fut consacré le dimanche 27 avril 1827.
Avant sa construction, la communauté réformée se réunissait dans une propriété privée jouxtant la place d'Armes appelée
"Le Pavillon".
Cette fresque comprend:
- un sujet central qui reproduit très exactement l'insigne de reconnaissance de ce qui est aujourd'hui la Fédération des Eclaireuses et Eclaireurs Unionistes de France.
- quatre "tableaux" comprenant chacun quatre logos soit seize motifs sigificatifs.
Inspiration du scoutisme (tableaux "haut-gauche")
Pendant la première période le mouvement s'est largement inspiré des qualités et des vertus de personnages mythiques:
1- Le Chevalier: pour la loyauté, le courage, la protection du faible.
2- L'Indien: pour l'aptitude à vivre dans la nature et à connaître tous ses éléments.
3- L'Artisan: pour l'acquisition de compétences dans la perspective d'une oeuvre à accomplir.
4- L'Athlète: pour le développement d'un corps sain par la pratique d'activités physiques.
Insignes de reconnaissance (tableaux "bas-gauche")
5- De sa création, en 1911, jusqu'en 1940, le coq sur la banderole "Sois-Prêt" a été l'insigne général des Eclaireurs Unionistes. Il a disparu en 1940 .
6- De 1940 à 1970 l'insigne général des E.U est une croix fleurdelysée sur un écu ayant à sa base une banderole qui porte la devise du mouvement: "Sois-Prêt". La croix est l'emblème chrétien, la fleur de lys est l'insigne mondial du scoutisme.
7- A côté de cet insigne général il existait des insignes particuliers notamment pour les louveteaux...
8- ...et les routiers.
Les idéaux et les valeurs (tableaux "haut droit")
Ils ont un fondement:
9- La lecture de la Bible
Ils ont une réalité:
10- Rappelée par la symbolique du salut scout.
11- Exprimée par une poignée de main.
12- Evoquée par le noeud de la B.A.
Les activités de base (tableaux "bas-droite")
13- Un sapin suggère que les activités du mouvement sont largement orientées vers la vie dans la nature, son respect.
14- Les deux outils simples rappellent la pratique d'activités qui développent l'habileté manuelle et les facultés créatrices.
15- Masques et notes évoquent l'intérêt pour toutes les formes d'expression artistique.
16- Un pagayeur indique une très large pratique du sport et de toutes les activités physiques.
Le jeu qui entre pour une large part dans la pratique de la pédagogie scoute n'est pas ici rappelé par un logo. C'est la
conception même de cette fresque qui le suggère.
A proximité du temple, le Monument aux Morts est l'oeuvre du sculpteur Carli. Il témoigne de la lourde contribution des
Cévennes comme de l'ensemble de la France rurale à l'hécatombe de la Grande Guerre.
A l'extrémité de la place se trouve le Vieux Pont (I.M.H.).
Ce superbe ouvrage d'art à six arches, en dos d'âne fut construit en 1733. Il fut souvent endommagé par les crues: 1736, 1739, 1741.
En 1742 on lui substitua un pont de bois. Ce dernier rendu inutilisable, le pont de pierres fut rétabli en 1754-1755.
Au cours de la crue de 1958 il fut emporté et reconstruit à l'identique en 1961 par l'entreprise Ruas.
Par la rue Pelet de la Lozère, anciennement Chemin neuf (car ouvert entre 1747 et 1749 pour relier l'Esplanade au
nouveau pont sur le Gardon), on atteint la Place de la Révolution.
Faisant angle avec la Grand'Rue, c'est l'Hôtel de Ville avec sur la porte d'entrée les armoiries de la ville surmontées
de la devise: "Al sourel de la liberta": au soleil de la liberté.
Ce qui aujourd'hui constitue le départ de la rue Pelet de la Lozère est l'emplacement de l'ancien temple de St Jean.
Construit entre 1560 et 1565 il fut détruit à la veille de la révocation de l'Edit de Nantes en 1685. Il était adossé au château de St Jean. Le seigneur du lieu avait fait percer une fenêtre dans
le mur mitoyen, ce qui lui permettait, ne pouvant plus sortir, d'assister au prêche depuis sa chambre.
En face du château se trouve l'église catholique construite après la révocation de l'Edit de Nantes avec les matériaux
du temple que l'on venait de détruire. La cloche changea d'édifice et après avoir convié au prêche les habitants, elle les appela à la messe. On peut voir contre le mur d'enceinte du château,
derrière le poids public, les vestiges (pied droit et départ de voûte) d'une des anciennes portes de la ville.
Par l'avenue René Boudon et le Pont Neuf (d'où l'on a une belle vue sur le Pont Vieux), on accède à la gare. Le tronçon de ligne de chemin de fer d'Anduze à St Jean du Gard fut achevé en 1909.
Il renforça le rôle économique de St Jean au confluent de la vallée Borgne et de la vallée Française. Aujourd'hui, cette
ligne est animée par un train touristique à vapeur fort pittoresque.
Ce document a été réalisé avec l'aimable autorisation du Musée des Vallées Cévenoles, à l'aide d'extraits de
l'ouvrage: "
St Jean du Gard, Sentiers de Petite Randonnée".
Un document qui répertorie les divers sentiers de petite randonnée sur St Jean du Gard est disponible à
l'Office du Tourisme.
OFFICE DU TOURISME
Place Rabaut St Etienne 30270 St Jean du Gard
Tél: (04) 66.85.32.11 Fax: (04) 66 85 16 28
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